September 9, 2021

En raison de la pandémie de COVID-19, les locataires de nombreuses régions du pays sont témoins de quelque chose qu’ils n’avaient pas vu depuis des années : une baisse des prix des loyers.
Publié le 9 février 2021 à 15h59

ANITA BALAKRISHNAN
LA PRESSE CANADIENNE

La récession provoquée par le coronavirus et la réponse des gouvernements pour limiter sa propagation offrent une occasion de négocier un meilleur logement ou d’obtenir un meilleur prix, si les locataires jouent bien leurs cartes, estiment les experts.Le loyer moyen pour tous les types de propriétés à travers le pays était de 1723 $ en décembre, en baisse de 7,1 % par rapport au même mois en 2019, selon les inscriptions sur le site internet Rentals.ca, qui publie un rapport mensuel sur les loyers. Selon ce rapport, le loyer moyen d’un appartement d’une chambre de 55 mètres carrés (soit 592 pieds carrés) a diminué de 6,4 % au cours des trois derniers mois de l’année, tandis que le loyer moyen d’un appartement de deux chambres de 74 mètres carrés (796 pieds carrés) a chuté de 3,4 %.

Selon Geordie Dent, directeur de la Fédération des associations de locataires métropolitains, les prix des loyers ne baissent pas dans toutes les villes — les choses changent rapidement avec la pandémie de COVID-19, alors les locataires devraient faire des recherches sur les prix des loyers dans leur région spécifique. Par exemple, le marché des locations de maisons autonomes est beaucoup plus chaud que celui des locations de copropriétés à Toronto, et donc moins susceptible d’offrir une marge de négociation, observe Nasma Ali, fondatrice de l’agence immobilière One Group Toronto Real Estate.

Mais dans l’ensemble, la pandémie de COVID-19 a « énormément changé la donne », transférant le pouvoir des propriétaires aux locataires, observe M. Dent. Cette dynamique de pouvoir changeante est ce qui en fait une bonne occasion de négociation, souligne Suze Cumming, directrice canadienne de l’Institut de négociation immobilière.

Mme Ali affirme que plusieurs de ses clients ont récemment vu leurs locataires tenter de renégocier leurs baux et, bien que ce ne soit pas formidable pour les propriétaires, elle les encourage à voir le bon côté de la situation.

« Si un locataire envisage déjà de déménager et d’obtenir un loyer moins cher, je l’encourage vivement à parler ouvertement à son propriétaire », recommande Mme Ali. « Je suis certaine que le propriétaire préférerait avoir une chance de négocier plutôt que de perdre un locataire, en particulier un excellent locataire. »

Pour ceux qui cherchent à déménager, travailler avec un agent de location peut permettre de mieux identifier quelles unités sont plus propices à la négociation, indique Mme Ali. Les agents savent à quel prix des unités semblables sont louées, si un immeuble compte plusieurs logements vacants et si une inscription est sur le marché depuis longtemps.

« Si nous connaissons l’agent de l’autre côté, c’est une négociation beaucoup plus facile », explique Mme Ali. « L’autre avantage est d’être mieux représenté — plusieurs personnes sont trop gênées pour négocier par eux-mêmes. »

À ceux qui prévoient demander un loyer plus bas, Mme Ali recommande d’être prêts. À ceux qui pourraient se voir demander un rapport de crédit complet, mieux vaut ne pas seulement présenter les pages avec les scores, estime-t-elle. Il faut avoir des références sous la main et penser à inclure une lettre décrivant pourquoi on est un bon locataire, ou expliquer l’histoire derrière toute baisse de revenu ou de crédit. Mme Ali dit que le fait de proposer de payer quelques mois de loyer à l’avance peut également inciter un propriétaire à accepter un loyer inférieur.

Pour les nouveaux baux, M. Dent croit qu’il est toujours utile de voir ce que les autres immeubles locatifs offrent et de demander si le propriétaire du logement désiré peut égaler ces conditions. Ces éléments peuvent inclure, par exemple, l’inclusion des services publics dans le prix du loyer, l’offre d’un à deux mois de loyer gratuits ou une durée de bail plus ou moins longue, illustre-t-il.

« La façon dont les gens ont abordé le marché de la location, en particulier au cours des 10 dernières années, c’est que si on trouve quelque chose et qu’ils sont prêts à louer, on saisit l’occasion », dit M. Dent. Maintenant, avec les taux d’inoccupation plus élevés dans certaines villes, les locataires ont plus d’options.

« Il faut prendre son temps […] et essayer d’avoir une idée de ce que les autres proposent. »
Tous les propriétaires ne seront pas ouverts à la négociation — certains ne craignent pas de laisser leur logement vacant en attendant le bon locataire ou le bon prix pour le loyer, dit Mme Ali. Il est également plus facile de négocier avec son propriétaire actuel si on loue au mois et non en vertu d’un bail de 12 mois. M. Dent croit que les propriétaires individuels de copropriétés seront plus ouverts à la négociation que les grandes sociétés de gestion.

Mme Cumming dit que les négociations ont tendance à mieux fonctionner quand on sait d’où vient l’autre partie. Surtout si un propriétaire semble réticent aux négociations, il peut être payant d’adopter une approche plus douce, explique-t-elle, car l’intimidation fonctionne rarement dans les négociations.

« Les locataires ont le pouvoir pour la première fois depuis des décennies, et c’est une bonne chose. Je suis tout à fait d’accord avec cela », affirme Mme Cumming. « Mais il ne faut pas tenir ce pouvoir pour acquis. »

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